(AGENPARL) - Roma, 23 Novembre 2023 - (AGENPARL) – gio 23 novembre 2023 DOSSIER DE PRESSE
LE TRAITÉ DU
QUIRINAL
26 novembre 2023
Anniversaire des deux ans de la signature
2023 : Année de l’entrée en vigueur
Table des matières
Editorial…………………………………………………………………………………………………..3
Introduction…………………………………………………………………………………………….4
Une année de relations dynamiques et denses………………………………………….6
Affaires étrangères et défense…………………………………………………………………9
Politiques migratoires, justice et affaires intérieures………………………………..13
Coopération industrielle, économique et numérique…………………………………15
Enseignement, formation, recherche et innovation…………………………………..17
Culture, jeunesse et société civile……………………………………………………………19
Coopération transfrontalière…………………………………………………………………..21
Editorial
L’année 2023 marque l’entrée en vigueur du Traité du Quirinal signé entre la France et l’Italie, mais aussi
celle de l’anniversaire des deux ans de sa signature le 26 novembre prochain.
Une année riche en avancées pour la coopération franco-italienne, toujours plus solide et dynamique dans
tous les secteurs.
Dans un contexte caractérisé par des défis multiples, tant au niveau international qu’européen, de
nombreuses étapes prévues par le Traité ont été franchies ensemble par les deux pays : le lancement
d’initiatives communes et d’enceintes de consultation prévues par le Traité, aussi bien dans la coopération
dans les affaires étrangères et européennes que dans la défense, l’économie et l’industrie, la justice, la
jeunesse, la sécurité, la fonction publique ou la coopération transfrontalière. Le dialogue s’est poursuivi et
approfondi à tous les niveaux autour des priorités communes.
L’année a été aussi marquée par des moments forts de l’amitié entre nos deux pays. Il suffit de penser à
l’inauguration par les Présidents de la République Emmanuel Macron et Sergio Mattarella de l’exposition
exceptionnelle « Naples à Paris » au Louvre, mettant en valeur des chefs-d’œuvre du musée de
Capodimonte, ou à l’annonce du Grand départ du Tour de France 2024, qui partira pour la première fois
d’Italie. De très nombreuses rencontres entre autorités italiennes et françaises ont également eu lieu dans
l’esprit du Traité, à Paris comme à Rome. Outre les multiples occasions d’échange en marge de réunions
européennes ou internationales, le Président de la République, Emmanuel Macron, et la Présidente du
Conseil, Giorgia Meloni, ont également échangé en format bilatéral à Paris, le 20 juin, puis à Rome, le 26
septembre.
A l’occasion de cette première année d’entrée en vigueur du Traité et du deuxième anniversaire de sa
signature, nous avons voulu publier, ensemble, ce dossier retraçant les moments marquants liés au Traité
cette année, afin de retracer, dans ce même esprit de travail collaboratif qu’il encourage dans tous les
secteurs, les principales avancées de notre coopération.
Bonne lecture à tous et à toutes !
Emanuela D’Alessandro
Ambassadrice d’Italie en France
Martin Briens
Ambassadeur de France en Italie
Introduction
Le « Traité entre la République française et la République italienne pour une coopération bilatérale
renforcée », dit « Traité du Quirinal » fête les deux ans de sa signature le 26 novembre 2023. Il est
définitivement entré en vigueur le 1er février 2023, après avoir été ratifié par les Présidents de la République
des deux pays, à la suite des approbations par les parlements : le 25 mai 2022 à la Chambre des Députés
italienne et le 5 juillet 2022 au Sénat italien, puis en France le 27 septembre 2022 au Sénat et le 31 octobre
2022 à l’Assemblée Nationale.
Cette année 2023 d’entrée en vigueur du Traité aura été riche en avancées dans sa mise en œuvre. Certaines
étapes particulièrement importantes ont été franchies :
La première réunion du forum de concertation entre les ministères chargés de l’économie, des
finances et du développement économique prévu par le Traité, à Rome le 3 mars. Co-présidée par le
ministre pour les entreprises et le Made in Italy et le ministre de l’Economie, des Finances et de la
Souveraineté industrielle et numérique, elle a abouti à l’adoption d’une déclaration commune portant sur
« Une vision partagée pour une stratégie industrielle de l’UE vers la transition verte et numérique » et à la
mise en place de groupes de travail sur plusieurs thèmes clefs de coopération industrielle et
technologique.
La première réunion, le 28 avril à Milan, du forum de concertation entre ministres de la justice,
également prévu par le Traité. Il constitue l’instance de dialogue régulière entre les deux ministres et
leurs ministères sur les enjeux d’intérêt commun.
La tenue à Rome le 30 mai du premier comité franco-italien pour la jeunesse, qui a lancé le service
civique franco-italien, pour un objectif de 150 premiers services civiques.
La deuxième édition du « Nouveau Grand Tour », programme de résidences d’artistes dans les deux
pays lancé avec la signature du Traité : en 2023, après une première édition qui s’était déroulée en Italie,
elle se tient désormais également en France et concernera une centaine d’artistes, soit le double de
l’édition précédente.
La signature d’une feuille de route capacitaire dans le secteur de l’armement le 30 juin, qui renforce les
coopérations de ce secteur entre les deux pays.
La mise en place d’un comité de pilotage sur la coopération policière entre nos deux pays le 29
septembre, qui facilitera les coopérations de terrain (enquêtes, patrouilles, échanges d’informations).
La première réunion du comité frontalier à Turin le 31 octobre, qui a permis pour la première fois de
réunir les représentants de régions, de métropoles, de provinces et de départements frontaliers ainsi que
les parlementaires engagés sur de nombreux sujets d’intérêt commun.
La tenue, à Paris, le 13 novembre du premier atelier franco-italien sur la fonction publique, consacré à
la question des réformes de la fonction publique dans les deux pays.
La tenue, dans un format trilatéral avec l’Allemagne, des deux premières réunions consacrées à des
secteurs industriels stratégiques : les matières premières critiques puis l’intelligence artificielle.
Les différentes réalisations retracées dans ce dossier suivent l’ordre des articles du Traité.
Le texte intégral du Traité et de la feuille de route sont disponibles sur le site de l’Elysée, de France
diplomatie, du gouvernement italien, du Ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération
Internationale et sur le site de l’Ambassade de France en Italie, dans leur version italienne et française, et de
l’Ambassade d’Italie en France.
« Avec l’entrée en vigueur du Traité du Quirinal, la France et l’Italie sont encore plus unies, en Europe et dans
le monde, pour défendre et promouvoir les valeurs fondatrices de nos sociétés : la paix, la liberté, les droits de
l’Homme, le progrès économique et social durable, dans le respect de l’environnement de notre planète » Sergio Mattarella, Président de la République italienne
« Ce Traité va permettre de bâtir sur ces bases solides cette maison franco-italienne dans laquelle nousmêmes, nos ministres, nos entreprises, nos intellectuels, nos diplomates et nos successeurs pourront se
parler librement. [Il] va permettre de créer un réflexe franco-italien entre nos peuples, nos économies, nos
territoires et d’inscrire résolument nos coopérations dans la perspective de notre ambition commune pour le
projet européen. » Emmanuel Macron, Président de la République française
« Le Traité scelle la relation stratégique entre l’Italie et la France, une relation profondément ancrée dans
notre histoire commune et tournée vers l’avenir. (…) Par ce Traité, l’Italie et la France entendent ainsi donner
un nouvel élan au projet européen, pour répondre aux nombreux défis qui sont au premier plan des
préoccupations de nos citoyens et que seulement une Europe plus intégrée peut relever. », Extrait du
communiqué de presse du Ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, 1er
février 2023
Une année de relations dynamiques et denses
De droite à gauche: Madame Brigitte Macron, le Président de la République
italienne Sergio Mattarella, le Président de la République française
Emmanuel Macron et Madame Laura Mattarella. Paris, musée du Louvre, le
7 juin.
La dynamique initiée par le Traité s’est amplifiée en 2023,
année de son entrée en vigueur. Depuis novembre de
l’année dernière, les relations franco-italiennes n’ont cessé
de se renforcer à travers plusieurs événements majeurs qui
s’inscrivent aussi dans l’esprit de coopération et d’amitié
porté par le Traité. L’année a été marquée par l’inauguration
de l’exposition exceptionnelle « Naples à Paris » au Louvre,
première exposition dans l’histoire de ce musée consacrée
à la collection d’un autre musée, celui de Capodimonte à
Naples. Plusieurs dizaines de chefs-d’œuvre des
collections de celui-ci, exposées jusqu’en janvier 2024,
peuvent être découvertes par des visiteurs du monde
entier.
L’exposition, inaugurée par les Présidents de la République Emmanuel Macron et Sergio Mattarella,
propose un dialogue spectaculaire entre deux collections de peintures italiennes parmi les plus importantes
au monde.
Outre les multiples occasions d’échange en marge de
réunions européennes ou internationales, le Président de
la République, Emmanuel Macron, et la Présidente du
Conseil, Giorgia Meloni ont échangé en format bilatéral à
Paris, le 20 juin, puis à Rome, le 26 septembre. Lors de
ces deux occasions, les Présidents ont abordé ensemble
les principaux sujets internationaux, et accordé une
attention particulière aux questions migratoires et aux
priorités de l’agenda économique européen.
Le Président de la République française Emmanuel
Macron et la Présidente du Conseil italien Giorgia Meloni.
Paris, Palais de l’Elysée, le 20 juin .
Durant l’année écoulée, de très nombreuses rencontres entre autorités françaises et italiennes ont eu lieu
dans l’esprit du Traité, à Paris comme à Rome. Les ministres des Affaires étrangères Antonio Tajani et
Catherine Colonna se sont également rencontrés à plusieurs reprises, à Rome le 25 mai puis à Paris, le 25
septembre, avant de co-présider le 31 octobre la première réunion du comité frontalier franco-italien à
Turin.
De nombreuses autres rencontres ministérielles ont également eu lieu en France et en Italie, par exemple
celles des ministres de la défense Guido Crosetto et Sébastien Lecornu le 27 janvier et le 26 octobre à
Rome, le 19 juin à Paris et le 30 aout à Tolède ; les ministres des affaires européennes Raffaele Fitto et
Laurence Boone à Rome le 2 février ; les ministres de la culture Gennaro Sangiuliano et Rima Abdul-Malak à
Paris le 20 avril; le ministre de l’économie Bruno Le Maire avec le ministre de l’Economie et des Finances
Giancarlo Giorgetti (le 3 mars à Rome et le 21 novembre à Paris) et avec le ministre pour les entreprises et
le Made in Italy Adolfo Urso le 3 mars et le 30 octobre à Rome, ainsi que le 30 mai pour l’inauguration en
France de la première Giga factory du groupe Automotive Cells Companies ;
les ministres de l’intérieur Matteo Piantedosi et Gérald Darmanin le 27 février à Paris, puis le 18 et le 29
septembre à Rome puis à Palerme ; les ministres de l’environnement Gilberto Pichetto Fratin et Agnès
Pannier-Runacher le 28 septembre à Paris, la ministre de l’université et la recherche Anna Maria Bernini et
son homologue Sylvie Retailleau à Paris le 9 novembre, le ministre de l’administration, Paolo Zangrillo et
son homologue Stanislas Guérini à Paris le 13 novembre, le ministre de l’agriculture Francesco
Lollobridgida et son homologue Marc Fesneau à Paris le 14 novembre, le ministre pour le sport et la
jeunesse Andrea Abodi et la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et du Service national universel Sarah
El Hairy le 13 janvier à Paris et le 30 mai à Rome, ou le vice-ministre des affaires étrangères et de la
coopération internationale Edmondo Cirielli et la Secrétaire d’Etat chargée du développement, de la
francophonie et des partenariats internationaux Chrysoula Zacharopoulou à Paris le 20 juin.
L’Italie était l’invité d’honneur du Festival du Livre de Paris du 17 au 23
avril, alors que se tenait aussi la 8ème édition du festival Italissimo. Plus de
50 auteurs italiens étaient présents dans l’enceinte du Grand Palais
éphémère. L’édition a été inaugurée avec les ministres de la culture des
deux pays, Gennaro Sangiuliano et Rima Abdul-Malak.
Côté italien, l’année a aussi été marquée par l’annonce du Grand départ,
pour la première fois en Italie, du mythique Tour de France pour son
édition 2024. Depuis Florence, en passant par l’Emilie-Romagne et le
Piémont, sur les traces des régions d’origine de grands champions italiens
du Tour, la grande boucle offrira trois étapes italiennes à des millions de
fans de ce rendez-vous incontournable.
De droite à gauche : l’Ambassadrice d’Italie en France Emanuela
D’Alessandro, le Président de Amaury Sport Organisation Jean-Etienne
Amaury, le Maire de Florence Dario Nardella, le Président de la région ÉmilieRomagne Stefano Bonaccini, le Président du Piémont Alberto Cirio et le Maire
de Turin Stefano Lo Russo
Le Traité du Quirinal a aussi favorisé la création des
consulats généraux français à Rome et à Florence en
janvier 2023, ce qui a permis de renforcer les relations
avec les autorités locales et la société civile de l’Italie
centrale dans les domaines politiques, économiques,
éducatifs, universitaires et culturels.
Plus que jamais, cette deuxième année d’entrée en
vigueur du Traité aura démontré la vitalité de nos
relations, portées par ce cadre commun visant à créer de
synergies toujours plus structurées entre nos deux pays.
Itinéraire Tour de France 2024
De nombreuses rencontres bilatérales en France et en Italie
D’autres nombreuses rencontres ministérielles ont également eu lieu en France et en Italie, par exemple:
La Ministre de l’Université et de la Recherche
Anna Maria Bernini et la Ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Sylvie Retailleau, Paris, le 9 novembre
Le Ministre de l’Economie, des Finances et de la
Souveraineté industrielle et numérique Bruno Le
Maire avec le Ministre de l’Economie et des
finances Giancarlo Giorgetti (le 3 mars à Rome et le
21 novembre à Paris) et avec le Ministre pour les
entreprises et le Made in Italy Adolfo Urso le 3
mars et le 30 octobre à Rome
Le Ministre de l’intérieur Matteo
Piantedosi et le Ministre de l’Intérieur et
des Outre-mer Gérald Darmanin le 27
février à Paris, le 18 et le 29 septembre à
Rome et à Palerme
Le Ministre de l’Environnement et
de la sécurité énergétique Gilberto
Pichetto Fratin et la Ministre de la
Transition énergétique Agnès
Pannier-Runacher, Paris, le 28
septembre
Le Vice-Président du Conseil des ministres et
Ministre des affaires étrangères et de la
coopération internationale Antonio Tajani et la
Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
Catherine Colonna, Paris, le 25 septembre
Le Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des
Personnes handicapées, Jean-Christophe Combe, et la
Ministre du Travail et des Politiques Sociales Marina
Elvira Calderone, le 13 mars
Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté
alimentaire et des forêts Francesco
Lollobridgida et le Ministre de l’Agriculture et
de la Souveraineté alimentaire Marc Fesneau,
Paris, le 14 novembre
Le Ministre de la Justice, Carlo Nordio, et son
homologue français, Éric Dupond-Moretti, Paris, le 21
novembre
Le Ministre pour le sport et la jeunesse Andrea
Abodi et la Secretaire d’Etat chargée de la
jeunesse et du Service national universel Sarah El
Hairy, le 13 janvier à Paris et le 30 mai à Rome
Le Ministre de la transformation et
de la fonction publique Stanislas
Guérini et le Ministre de
l’Administration publique Paolo
Zangrillo, Paris, le 13 novembre
Le Ministre de la Défense Guido
Crosetto et le Ministre des Armées
Sébastien Lecornu, le 27 janvier et le
26 octobre à Rome, le 19 juin à Paris
et le 30 août à Tolède
La Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre
de l’Europe et des Affaires étrangères,
chargée du développement, de la
francophonie et des partenariats
internationaux,Chrysoula Zacharopoulou,
et le Vice-ministre des affaires étrangères
et de la coopération internationale
Edmondo Cirielli, Paris, le 20 juin
La Sécretaire d’Etat chargée de
l’Europe Laurence Boone et le
Ministre des affaires européennes
Emanuele Fitto, Rome, le 2 février
La Ministre de la Culture Rima
Abdul-Malak et son homologue
italien Gennaro Sangiuliano,
Paris, le 20 avril
Affaires étrangères et défense
A son chapitre « affaires étrangères », le Traité du Quirinal fixe pour objectif
que les deux pays se consultent régulièrement et coordonnent leur action
pour promouvoir le développement d’une approche commune au sein de
l’Union européenne. Le Traité prévoit aussi des mécanismes stables de
consultations renforcées, en particulier en cas de crise et à la veille
d’échéances importantes, tant au niveau politique qu’au niveau des hauts
fonctionnaires, et des consultations régulières.
La Secrétaire générale du ministère des Affaires
étrangères française Anne-Marie Descôtes et
son homologue italien Riccardo Guariglia, Rome,
le 6 juillet
Depuis novembre 2022, les secrétaires généraux des ministères ont eu des consultations sur tous les
sujets de la relation bilatérale à deux reprises, le 10 janvier et le 6 juillet, tandis que de nombreuses réunions
entre directeurs généraux se sont tenues tout au long de l’année dans les deux capitales, des affaires
consulaires aux questions globales, géographiques ou stratégiques.
Pour la deuxième année consécutive, les deux ministères des
affaires étrangères accueilleront en leur sein un diplomate
d’échange de l’autre pays.
En juin 2023, les jeunes diplomates des académies
diplomatiques des deux pays ont pu tenir une session
commune et ont rencontré à cette occasion le président de la
République italienne, Sergio Mattarella, à l’ambassade italienne
à Paris.
Les promotions de jeunes diplomates italiens et français avec le Président de la République italienne
Sergio Mattarella, Paris, Ambassade d’Italie, le 6 juin
La diplomatie parlementaire : le rôle des commissions et groupes d’amitié
Le préambule du Traité reconnait aux deux pays « l’importance et la vitalité de la coopération entre leurs Parlements
respectifs, et le rôle que la diplomatie parlementaire joue dans les liens entre leurs pays », et « souhait[e] » la renforcer à
travers des formes de coopération permanentes, notamment entre leurs Commissions respectives ».
Les commissions affaires étrangères des deux chambres, en France et en Italie, mais aussi d’autres commissions
sectorielles ont multiplié les échanges dans l’esprit de la coopération proposée par le Traité. Un accord de coopération
entre la Camera dei Deputati et l’Assemblée nationale a été signé le 29 novembre 2021 et a conduit à plusieurs rencontres
croisées pour approfondir divers domaines de coopérations parlementaires. Ce fut notamment le cas entre groupes
d’amitié France-Italie le 12 mai à Rome (entre les présidents Piero Fassino et Laurent Marcangeli) et le 14 septembre à
Paris (également avec le président du groupe d’amitié au Sénat, Hervé Marseille). Le 20 septembre 2023, les membres de la
commission des affaires étrangères de la Camera dei Deputati ont également rencontré à Paris leurs homologues de la
commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale. Le 6 juin, les présidents des commission culture de la
Camera dei Deputati et de l’Assemblée Nationale, Federico Mollicone et Isabelle Rauch, s’étaient également rencontrés
autour d’une réflexion commune sur l’intelligence artificielle et les systèmes nationaux de soutien à la culture. Le Président
de la Commission des Affaires européennes du Sénat français, Jean-François Rapin a échangé le 24 octobre avec des
sénateurs italiens sur les enjeux migratoires et invité une délégation de la Commission des affaires étrangères du Sénat
italien à des consultations à Paris sur l’élargissement et la réforme de l’UE.
Dans le domaine de la défense, le Traité encourage notamment le développement de synergies sur les
plans capacitaires et opérationnels.
Sur le plan opérationnel, la France et l’Italie participent ensemble à de nombreuses
opérations de l’ONU (FINUL au Liban), de l’OTAN et de l’UE (IRINI en Méditerranée,
Atlanta en Océan indien), mais également à des missions ad hoc, telles que EMASOH
(European Maritime Awareness in the Strait of Hormuz) pour garantir un environnement
de navigation sûr et paisible autour du détroit d’Ormuz. L’Italie a assumé le
commandement opérationnel embarqué de cette mission pendant 6 mois en 2022 puis
en 2023, alors que le commandement stratégique relève de la France, depuis Abu Dhabi.
La France et l’Italie sont parties prenantes aux missions de présence
renforcée de l’OTAN (Enhanced Forward Presence – EFP) sur son
flanc oriental, respectivement en Estonie et en Lettonie. Elles
contribuent aussi ensemble au Standing NATO Maritime Group
(SNMG) en mer Méditerranée et en mer Baltique, participant ainsi à la
posture défensive et dissuasive de l’OTAN et à la surveillance des
zones de responsabilité, ainsi qu’au groupe naval européen
(EUROMARFOR) avec le Portugal et l’Espagne.
Les interactions opérationnelles et l’échange d’informations entre les unités opérant dans le Golfe de Guinée
dans le cadre de la Présence maritime coordonnée de l’Union européenne et les activités d’entrainement qui
se tiennent en Méditerranée orientale dans le cadre du mécanisme de coopération quadripartite QUAD
(Italie, France, Grèce, Chypre) sont également significatifs.
Dans le cadre de la coordination stratégique bilatérale, l’Italie participe avec un officier du COVI (Comando
Operativo di Vertice Interforze) aux activités de la Cellule de Coordination Stratégique Interalliée du CPCO
(Centre de Planification et de Conduite des Opérations).
Dans le domaine terrestre, les deux armées de terre conduisent de plus
en plus d’entrainements conjoints : dans le domaine du combat en
montagne en particulier, avec la 27ème BIM française et la brigade
Taurinense italienne mais également dans les domaines de l’infanterie,
de la cavalerie et de l’artillerie, des exercices amphibies, parachutistes
ou des Forces Spéciales. Cette coopération est complétée par des
échanges de cadets (St Cyr-Scuola di Applicazione de Turin), et
séminaires annuels de doctrine.
L’Esercito a participé comme observateur à l’exercice
interarmées français ORION 23 organisé ce printemps.
national
La coopération passe également par la formation de la jeunesse des
armées, avec des projets de coopérations entre l’école italienne de sousofficiers de Viterbo et celle française de Saint-Maixent. Les projets de
rapprochement capacitaire sont également importants, dans le cadre du
plan annuel de coopération signé entre les deux états-majors.
En 2024, afin de renforcer le développement de concepts et de capacités bilatéraux, tout en augmentant les
exercices conjoints, il sera possible d’établir un partenariat entre les forces lourdes, moyennes et
amphibies/fluviales de niveau brigade, à l’exemple de ce qui est déjà en cours entre les deux brigades de
montagne (NSBNBC).
Dans le domaine naval, les exercices conjoints sont également nombreux : un plan de coopération annuel
est signé au plus haut niveau dans le domaine du soutien logistique, des opérations, de l’entrainement, de
la formation, de discussions entre états-majors et d’échange de personnels.
Plusieurs exercices et entrainements communs ont été réalisés cette
année pour développer l’interopérabilité entre navires et nos aéronefs : des
exercices entre les deux unités de défense aérienne italienne (Caio Duilio) et
française (Chevalier Paul) se sont déroulés en janvier 2023. D’autres
exercices se font dans des formats plus larges, comme « Eunomia » avec
Chypre et la Grèce en Méditerranée Orientale, dans le golfe de Guinée ou
encore en Océan indien pour la mission Agenor et l’opération Atalanta de
l’Union européenne. Les deux Marines participent régulièrement à leurs
grands cycles d’entraînement respectifs (Mare Aperto, Orion), de même que
l’Italie a participé cette année au nouvel exercice français de « haute
intensité » Polaris.
Entraînement entre les deux frégates de défense
aérienne italienne (Caio Duilio) et française
(Chevalier Paul), janvier 2023
La coopération dans le domaine des porte-avions est très importante, car il s’agit d’une capacité
stratégique permettant de projeter des forces là où elles sont nécessaires et de protéger les intérêts
nationaux, européens et atlantiques. Dans ce domaine, des intégrations réciproques de moyens d’escorte
(frégates, avions) aux groupes Charles de Gaulle et Cavour ont lieu régulièrement ainsi que des exercices et
déploiements communs. La coopération amphibie est également importante, avec l’embarquement de la
Brigade San Marco et de moyens héliportés sur les Unités de débarquement françaises.
Le navire école « Amerigo Vespucci » de la Marine italienne a débuté sa
campagne d’instruction autour du monde 2023-2025 par une escale à
Marseille du 4 au 7 juillet.
Dans le domaine aérospatial, l’entraînement entre la France et l’Italie se réalise à travers de multiples
exercices bilatéraux (en bénéficiant de la proximité entre les bases aériennes de Solenzara et de Grosseto
notamment) ou multilatéraux (NATO Tiger Meet tenu à Gioia del Colle en 2023). La possession de flottes
identiques d’aéronefs de transport (C-130), de drones (MQ-9) et de batteries de défense antimissiles (type
SAMP/T) permet des formations croisées et des échanges réguliers entre experts comme les discussions
autour du MQ-9 Reaper tenues en 2022 sur la base aérienne d’Amendola. L’organisation des Jeux
olympiques en France permet des échanges de savoir-faire notamment dans le domaine de la lutte antidrone. La coopération passe aussi par les échanges d’officiers, notamment les pilotes de transport italiens
qui se forment en partie en France, mais également avec les « cadets », en vue de préparer l’interopérabilité
de demain. Enfin, la coopération spatiale militaire est en croissance, notamment à travers l’exercice «
AsterX » en France.
Le Corps des Carabiniers et la Gendarmerie Nationale française, dans le cadre des accords FIEP (France,
Italie, Espagne et Portugal), procèdent à des échanges d’expertise dans les secteurs stratégiques de la
Formation, de l’Environnement et du Cyber, avec un benchmarking sur les méthodes opérationnelles.
La coopération en matière d’armement constitue un autre pilier de la relation bilatérale franco-italienne
dans le cadre du Traité. Elle illustre l’engagement de nos deux pays dans des programmes structurants sur
des périodes longues (15 à 20 ans au moins). Cet engagement repose sur une volonté politique commune,
la convergence de nos besoins opérationnels et la construction d’une organisation industrielle commune.
Cette coopération s’est historiquement construite autour des domaines naval ((avec les destroyers type
Horizon, les FREMM et les unités logistiques de classe Vulcain), spatial et missiles. La France et l’Italie
commandent ainsi la rénovation de mise à niveau de frégates de défense aérienne Forbin et Chevalier Paul
pour la Marine nationale et les destroyers Andrea Doria et Caio Duilio pour la Marine italienne.
Dans le domaine spatial, l’association de Thalès et Leonardo, par ailleurs concurrentes, au travers des deux
sociétés, Thales Alenia Space et Telespazio, (qui forment l’Alliance Spatiale), a permis le développement
d’une coopération armement ancrée sur une base industrielle commune.
Dans le domaine des missiles, la coopération s’est développée autour de la construction du groupe
européen MBDA et a notamment conduit au développement du système de défense sol air SAMP/T équipé
des missiles ASTER, dont un exemplaire a été livré cette année à l’Ukraine.
Le Traité a également revigoré et renforcé la coopération historique entre les deux pays dans le secteur
sous-marin, où les développements sur les programmes conjoints de torpilles et de sonars visent
désormais à atteindre des capacités toujours plus avancées, telles que des capacités de capteurs
acoustiques multistatiques.
Après la signature d’une Lettre d’intention sur le domaine spatial de défense (signée en décembre 2021),
les directions générales de l’armement des deux pays ont mis en place en juillet 2022 un accord de
coopération sur la recherche et technologie et l’innovation de défense et établi une feuille de route
capacitaire commune, signée en juin 2023. Pour assurer le suivi de la relation, un comité bilatéral «
armement » entre directeurs nationaux de l’armement (DGA/DNA) ainsi que des réunions régulières entre
directeurs de l’armement français et italiens consolident ce partenariat.
Politiques migratoires, justice et affaires intérieures
Le Traité prévoit que « les Parties renforcent leur collaboration, au niveau bilatéral et au niveau européen,
dans la prévention et dans la lutte contre les menaces criminelles transnationales graves et émergentes ».
« Elles intensifient la coopération transfrontalière entre leurs forces de l’ordre. En outre, elles travaillent à la
création d’une unité opérationnelle franco-italienne en soutien des forces de l’ordre, en fonction d’objectifs
communs, en particulier dans la gestion de grands événements et pour contribuer à des missions
internationales de police. Aux fins du présent alinéa, elles instituent une instance de concertation
périodique, au niveau des ministres de l’Intérieur ou des directeurs généraux, en matière de sécurité. »
Le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et son homologue italien
Matteo Piantedosi, Palerme, 29 septembre
En conformité avec ces objectifs, les ministres de l’intérieur
des deux pays ont signé le 29 septembre 2023 un accord
mettant en place un comité de pilotage de la coopération
en matière de sécurité. Sur le terrain, des patrouilles mixtes
terrestres et des patrouilles mixtes ferroviaires de la Police
nationale française et de la Polizia di Stato italienne ont été
réalisées du 1er janvier 2023 au 31 août 2023 dans les
départements Alpes de Haute Provence, Hautes-Alpes,
Alpes maritimes et Savoie.
Des rencontres et des formations conjointes de
policiers et de gendarmes ont également eu lieu cette
année, pour une meilleure compréhension de leur
réalité et de leurs enjeux, notamment :
– Une compagnie d’élèves sous-officiers composée
de quatre sections de chacune des gendarmeries
espagnole, française, italienne et portugaise, a été
expérimentée en juillet 2023 à Florence. Ce projet a
vocation à se répéter chaque année en alternance
entre les quatre pays participants.
Mission à Paris de l’Ecole de Police Economique-Financière de la Guardia di Finanza,
Ambassade d’Italie, le 18 septembre
– Une patrouille européenne pendant la saison estivale dans les villes de Bari, Florence, Rome et Venise.
– Un stage criminalistique feu de forêt à Sabaudia avec la participation de stagiaires de la gendarmerie au
mois d’octobre 2023.
-L’école de police de la Guardia di Finanza a aussi réalisé une formation à Paris le 18 septembre et
échangé avec ses homologues de la Direction des Vérifications nationales et internationales et de la
Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières.
Des concertations sont aussi en cours sur la gestion des grands événements afin d’approfondir le partage
d’expérience et la coopération, notamment dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques de
Paris 2024, du Tour de France dont le grand départ sera fixé à Florence en 2024 et des futurs Jeux
olympiques d’hiver de Milan-Cortina en 2026.
Dans le domaine de la criminalité organisée, la France et l’Italie
coopèrent notamment dans le cadre du projet I-Can (pour Interpol
cooperation against ‘Ndrangheta), initiative italienne sur trois ans
destinée à intensifier la riposte multilatérale contre la mafia calabraise,
par l’échange de compétences, de renseignements et de bonnes
pratiques, ainsi que par le recours aux outils d’analyse d’Interpol.
Cette coopération a notamment permis l’arrestation d’un fugitif en
fuite depuis 16 ans, arrêté le 2 février 2023 à Saint-Étienne, en France,
grâce à la coordination assurée par le projet I-CAN
Patrouille européenne avec le renfort d’un gendarme
français au profit de la compagnie des Carabiniers de
Rome, du 1er au 30 septembre
En matière de coopération entre les écoles nationales de la magistrature
française et italienne des formations portant sur la découverte des
institutions judiciaires de chaque pays ont été mises en place à destination
des magistrats français et italiens dans le cadre de la formation continue.
Une session de formation a été ainsi organisée à Naples du 9 au 11 octobre
dernier par l’Ecole de Magistrature italienne, coanimée par la magistrate de
liaison française en Italie, tandis que le 24 mars, cette même Ecole
accueillait deux magistrates auditrices françaises à Rome.
Coopération entre Ecoles supérieures de la Magistrature
Un projet de jumelage des juridictions de Lyon et de Turin est en cours et a fait l’objet
d’une première rencontre les 20 et 21 novembre 2023 à Lyon. Elle a réuni les chefs de
juridictions et de greffe français et italiens (notamment l’organisation du parquet en
France, la justice restaurative, la conciliation et la médiation, la place des usagers dans le
fonctionnement de la justice) et vise à s’accorder sur un projet de financement pour des
échanges futurs.
IuSTITIA
Les ministres de la justice ont tenu le 28 avril à Milan la
première réunion du forum de concertation prévu par le
traité. Il constitue l’instance de dialogue régulière entre les
deux ministres et leurs ministères sur les enjeux d’intérêt
commun.
Coopération industrielle, économique et numérique
Le Traité prévoit de renforcer la coopération économique et financière entre les deux pays, dans le but de
faciliter les investissements réciproques, mener des projets conjoints pour développer les entreprises
innovantes et les PME, renforcer les collaborations industrielles bilatérales et promouvoir des initiatives
conjointes contribuant au renforcement des chaînes de valeur stratégiques européennes, notamment au
sein des projets importants d’intérêt européen [PIIEC]. Le but partagé est de faire gagner les entreprises en
compétitivité, et d’accompagner leur transition vers des modèles plus résilients et moins dépendants de
l’approvisionnement de ressources stratégiques auprès de pays extérieurs, dans les secteurs porteurs
(batteries, hydrogène, électronique et connectivité, Cloud, santé,…) pour favoriser l’innovation, de nouvelles
capacités industrielles, le renforcement ou le développement de nouveaux sites de production.
Afin de poursuivre l’objectif du Traité d’une plus grande concertation entre ministères français et italiens
sur des thèmes prioritaires, quatre groupes de travail sont actifs avec des échanges au niveau technique :
gouvernance et énergie, numérique (dont semi-conducteurs, IA générative..), automobile et matières
premières critiques. Ces groupes permettent notamment de préparer les discussions aux conseils des
ministres européens Economie et Finances et Compétitivité.
Dans une déclaration conjointe du 3 mars 2023, à
l’occasion de la première réunion de concertation
bilatérale prévue par le Traité depuis son entrée en
vigueur, le ministre de l’économie Bruno Le Maire et
le ministre des entreprises et du Made in Italy Adolfo
Urso ont rappelé les différents domaines où France et
Italie s’accordent au niveau européen pour porter une
ambition commune : mettre la politique industrielle
européenne au service des transitions verte et
numérique, de la compétitivité de l’industrie et de la
préservation de notre autonomie stratégique.
Réunion trilatérale Allemagne, Italie et France: de droite à gauche, les Ministres
Habeck, Urso et Le Maire, Rome, le 30 octobre
Cette année a ainsi été marquée par la tenue, dans un format trilatéral avec l’Allemagne, des deux
premières réunions des ministres de l’économie consacrées à des secteurs industriels stratégiques: les
matières premières critiques à Berlin le 26 juin 2023 et l’intelligence artificielle à Rome le 30 octobre 2023.
En matière spatiale, la France et l’Italie poursuivent leur coopération autour des lanceurs Vega et Ariane 6,
renforcée avec le moteur P160 commun à Vega et Ariane 6. Le 6 novembre 2023, à l’issue d’une réunion
trilatérale franco-italo-allemande, les ministres ont annoncé la conclusion d’un accord sur la politique
spatiale européenne, pour garantir l’accès autonome de l’Europe à l’espace.
Les concertations entre forums d’entreprises se sont renforcées encore cette année, avec l’édition en mai
2023 du 5ème forum économique conjoint Medef et Confindustria à Rome, auquel ont participé les
ministres français du commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger Olivier Becht et de
la transition énergétique Agnès Panier-Runacher – et les ministres italiens des affaires étrangères et
européennes Antonio Tajani, des entreprises et du made in Italy Adolfo Urso et de l’environnement et de la
sécurité énergétique Gilberto Pichetto-Fratin. Si ce forum préexistait au Traité, celui-ci lui a donné une
impulsion nouvelle en renforçant leur coopération et vise à élaborer des propositions concrètes pour
développer la coopération industrielle bilatérale.
En France, un forum des infrastructures des transports et de
l’énergie, en partenariat avec l’Institut pour les relations
économiques France-Italie, est organisé par l’ambassade d’Italie à
Paris : son édition du 30 mars a réuni plus de cent représentants
d’entreprises et associations italiennes et françaises de ce
secteur.
Le 5ème forum économique conjoint Medef
et Confindustria, Rome, les 25-26 mai
Plusieurs événements économiques pour le rapprochement des milieux d’affaires français et italiens ont
été organisés dans le sillage du Traité : en Italie, rencontre d’entreprises « the future of fashion » le 31
janvier 2023, rencontre économique France-Vénétie le 16 mars à Trévise, échanges entre les entreprises du
club santé le 7 mars 2023 à Rome, table ronde sur l’innovation numérique à Rome le 16 juin, rencontre
Italian Tech / French Tech le 7 juillet. L’Ambassade d’Italie en France a aussi accueilli le 22 mars 2023 la
deuxième édition de SMAU | Italy RestartsUp in Paris, un forum dédié à l’innovation entre France et Italie ;
une rencontre des entreprises italiennes et françaises du secteur de la défense aérospatiale le 19 juin à
l’occasion du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) de Paris-Le Bourget ; et une
conférence sur la Deeptech et les écosystèmes italien et français de recherche et d’innovation.
Le club France-Mezzogiorno, créé dans le sillage du Traité, s’est étendu en 2023 et comprend une
vingtaine d’entreprises françaises et italiennes basées dans le sud de l’Italie. Cette même année, la CCI
France-Italie a ouvert une antenne à Naples qui suit notamment ce club, qui organise chaque année quatre
rencontres d’entreprises autour de thématiques prioritaires et de personnalités de haut niveau (intelligence
artificielle, bio-technologies, start-up et Tech, PNRR, industrie 4.0, internationalisation, accès aux
financements, …).
Le Traité vise aussi à accompagner particulièrement les PMI et les start-up des deux pays dans leur
développement. Les programmes bilatéraux entre Bpifrance et la Cassa Depositi et Prestiti initiés l’année
dernière ont été renouvelés en 2023, notamment l’accélérateur franco-italien opéré par la Cassa Depositi et
Prestiti, Bpifrance, Business France Italie et la CCI France-Italie. En 2023, il concerne 29 PME industrielles
aux ambitions croisées (15 italiennes et 14 françaises), dans les secteurs de l’automobile, la métallurgie,
l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, la mode, les matériaux de construction, le recyclage,
l’électronique et l’électricité. Ce programme vise, sur un an, à accompagner les dirigeants pour développer
leurs relations commerciales. Cette année, BPI France et la CDP se proposent de travailler au lancement
d’un fond de fonds pour réaliser des investissements conjoints dans des fonds de soutien à l’innovation.
Dans le domaine agricole, un projet d’accord bilatéral sur la lutte contre la fraude sur les produits
alimentaires est aussi en discussion entre les deux pays. Un projet d’accord interministériel pour la mise en
œuvre d’initiatives de formation et de mobilités d’apprenants entre les Istituti agrari et les lycées agricoles
est également prévu.
Enseignement, formation, recherche et innovation
Le Traité établit que les deux pays « s’engagent à favoriser la mobilité entre les deux pays » dans tous les
domaines de l’éducation et de la formation professionnelle. Les deux pays visent aussi à « rapprocher
leurs systèmes d’enseignement supérieur, dans le but de contribuer à l’approfondissement de l’Espace
européen de l’enseignement supérieur, ou en collaborant au sein de l’université franco-italienne.
Le Traité a encouragé de nouvelles formes de coopérations en matière d’éducation et de formations
croisées. Le 10 août, un accord portant sur l’enseignement de la langue italienne à l’école élémentaire en
France dans le cadre des Enseignements internationaux de langue étrangère (EILE) est entré en vigueur. Le
23 octobre la première réunion de la commission bilatérale pour l’éducation s’est tenue à Paris, en vertu
de l’article 8 du traité du Quirinal. Les secteurs de l’éducation et de la formation se voient ainsi reconnaitre
par les deux pays un rôle fondamental dans les relations bilatérales et dans le projet commun européen.
Les délégations des deux Ministères compétents ont discuté
en profondeur des nombreux sujets, y compris des politiques
éducatives des pays, du renforcement de l’enseignement de
l’italien en France et du français en Italie dans les différents
cycles d’enseignement, du développement de la mobilité des
étudiants et la collaboration dans la formation des enseignants,
de la multiplication des partenariats entre les instituts
supérieurs techniques (ITS) italiens et les campus des métiers
et des qualifications (CMQ) français dans des secteurs
stratégiques pour favoriser la création de pôles d’excellence
professionnelle. Il a également été question du développement
des formations ESABAC et ESABAC techno. La prochaine
réunion de la commission se tiendra à Rome en 2024.
Première réunion de la Commission bilatérale pour l’éducation,
Paris, le 23 octobre
Le Traité du Quirinal a permis la création d’une cartographie de la formation professionnelle en Italie et en
France et la mise en place d’un partenariat, signé le 7 mars, entre le Réseau des ITS Italiens (Istituto
Tecnico superiore, équivalent des BTS en France) et le réseau d’enseignement français.
La mise en relation des réseaux d’ITS italiens et des Campus des métiers et des qualifications en France a
permis la création, dès le 5 décembre 2022, d’un premier centre d’excellence franco-italien entre le
Campus des métiers de Franche-Comté et les Instituts techniques supérieurs du Piémont et de Lombardie,
dans le secteur de la mécanique. Plusieurs autres accords ont été signés depuis, par exemple dans le
domaine des énergies renouvelables entre l’ITS ER.ME.TE de Campanie et le Campus Energie et
Maintenance de la région Grand Est. L’élan se poursuit et de nombreux autres partenariats sont lancés, qui
devraient voir le jour en 2024.
En 2023, un projet pilote a par ailleurs été lancé dans le domaine du tourisme-hôtellerie-restauration, à
travers la sensibilisation des élèves italiens à la langue française (et passage du diplôme de français
professionnel de la CCIP) et d’appariement des établissements.
Les deux pays jouent aussi un rôle central dans la construction des alliances d’universités européennes,
comme le prévoit le Traité : actuellement, 32 des 50 alliances d’universités européennes comptent au
moins une université française et italienne.
Un grand événement de réunion des alliances universitaires regroupant les deux pays a été organisé à
Turin le 30 mars, pour réfléchir aux modalités de renforcement de ces alliances et une intégration plus
poussée. Ces alliances proposent déjà de nombreux programmes de mobilité croisée, de formations
conçues à l’échelle d’une alliance de 5 à 12 universités, de doubles diplômes jusqu’au niveau du doctorat.
La France et l’Italie comptent désormais plus de 350 doubles-diplômes dans toutes les disciplines. Parmi
ces alliances franco-italiennes emblématiques, on peut relever celle entre l’université de Turin, Savoie-Mont
Blanc et Pau-Adour, entre l’université de Gênes et Nice Côte d’Azur, ou entre Bologne et Paris I, Poitiers et
Pavie, ou bien entre le Politecnico de Turin et l’université de Grenoble.
Une initiative qui s’inscrit aussi dans l’esprit du Traité : les dialogues franco-italiens pour l’Europe Luiss-Sciences Po :
Forum de discussion lancé en 2018 en partenariat avec The European House-Ambrosetti, ces dialogues co-organisés par
l’université Luiss de Rome et Sciences Po Paris permettent aux étudiants de s’approprier les enjeux européens et d’y réfléchir
sous l’angle de la relation franco-italienne. A présent à leur 5ème édition, les dialogues consacrent au Traité du Quirinal et à
ses réalisations une large place dans leur réflexion.
Dans l’esprit du Traité du Quirinal et de l’importance qu’il accorde à la
recherche scientifique et à la coopération franco-italienne dans ce domaine,
l’ambassade italienne à Paris a accueilli en septembre une rencontre entre le
CNR et le CNRS, en présence de leurs présidents, Maria Chiara Carrozza et
Antoine Petit.
A l’occasion des 100 ans du CNR, organisme de recherche majeur en Italie,
l’Ambassade d’Italie en France a accueilli parallèlement un atelier sur les
défis de la recherche européenne et la coopération scientifique entre la
France et l’Italie dans le cadre du Traité du Quirinal. Le Traité encourage
aussi de nouvelles formes de coopérations en matière de recherche. Le 10
novembre, à l’occasion de la rencontre bilatérale entre les ministres de
l’Université et de la Recherche, ces derniers ont évoqué un projet d’accord,
dans l’esprit du Traité, afin d’approfondir la coopération dans des secteurs
prioritaires de la recherche ou sur des sujets spécifiques d’intérêt commun.
Une collaboration plus étroite entre chercheurs a en effet pour avantage
d’accroître la compétitivité des chercheurs des deux pays dans le contexte
européen. Sur cette base, les deux ministères travailleront à la définition d’un
texte dont la signature pourrait être envisagée en 2024.
A noter également que des échanges nouveaux se font jour en termes de
formations croisées dans la fonction publique : le 13 novembre 2023, les
ministres chargés de la fonction publique des deux pays ont ouvert à Paris
les concertations entre les deux pays pour approfondir les relations dans le
cadre d’ateliers bilatéraux permettant de comparer les pratiques et les
politiques (management, renforcement des compétences, programme
d’échanges de fonctionnaires), avec le projet de définir une feuille de route
conjointe : développement de l’intelligence artificielle ; gestion des carrières
; management, programmes européens PACE et COMPACT, réseau
européen des administrations publiques EUPAN, réseau des écoles du
service public DISPA.
La Ministre de l’Université et de la Recherche
Anna Maria Bernini et la Ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Sylvie Retailleau, Paris, 10 novembre
Le Ministre de l’Administration publique Paolo
Zangrillo lors de l’atelier franco-italien pour la
modernisation de la fonction publique, Paris,
Ambassade d’Italie, le 13 novembre
Culture, jeunesse et société civile
Parmi les objectifs du Traité dans ce domaine, on peut relever le renforcement des échanges entre
industries culturelles et coopération renforcée en faveur de la protection du patrimoine, le soutien à la
traduction franco-italienne pour favoriser les échanges littéraires, le lancement d’un « Nouveau Grand Tour
» pour la circulation artistique en Europe, ou la création d’un service civique franco-italien.
En 2023, la deuxième édition du « Nouveau Grand Tour » a été lancée avec, pour la première fois, la
participation du Ministère de la Culture italien aux côtés des deux Ambassades et des deux Instituts
culturels, ce qui a permis la mise en place dès l’automne de 50 résidences d’artistes italiens en France, en
miroir des 24 résidences lancées en Italie par l’Institut français Italia pour la deuxième année consécutive.
Le Nouveau Grand Tour est un programme de
résidences d’artistes qui s’appuie sur un réseau de
partenaires locaux se déployant sur l’ensemble du
territoire italien et français. Une centaine de jeunes
artistes français, italiens et allemands de moins de
trente ans, pourront participer cette année.
Le dispositif est ouvert à tous les champs de la création – arts visuels (peinture, sculpture, design, mode,
photographie, audiovisuel, etc.), arts de la scène (théâtre, danse, cirque, performance, musique et création
sonore), architecture et paysage ou encore gastronomie – et, de fait, un grand nombre de disciplines sont
représentées par les lauréats de cette deuxième édition. Dès 2024, les Pays-Bas se joindront au Nouveau
Grand Tour, qui incarnera plus que jamais l’esprit du Traité du Quirinal : un élan franco-italien au service
d’une ambition véritablement européenne.
Cette année, la première réunion du Conseil franco-italien
pour la Jeunesse, lançant officiellement le service civique
conjoint, s’est tenue à Rome le 30 mai 2023 : réunissant les
ministres chargés de la jeunesse, Andrea Abodi et Sarah El
Hairy, et les organismes chargés du service civique en France
et en Italie, cette réunion a permis de définir les contours de
ce service consacré aux jeunes de 15 à 26 ans, qui devrait
s’exercer
prioritairement
domaines
l’environnement, de la solidarité, de la lutte contre les
discriminations, de la mémoire et du sport, notamment en
vue des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et
de Milan Cortina 2026. L’objectif fixé concerne un premier
contingent de 150 services civiques.
Première réunion du Conseil franco-italien pour la Jeunesse à
la présence du Ministre pour le sport et la jeunesse Andrea
Abodi et la Secretaire d’Etat chargée de la jeunesse et du
Service national universel Sarah El Hairy, Rome, le 30 mai
Une expérimentation sur 18 mois a été mise en place dans trois régions (PACA, AURA et Corse) en juin
2023. Conformément aux objectifs fixés, le ministère italien de la Jeunesse a été invité au prochain Comité
stratégique de l’Agence du Service Civique prévu le 5 décembre 2023 pour y présenter le servizio civile.
Le Traité du Quirinal met les technologies audiovisuelles les plus innovantes au cœur des échanges
franco-italiens. Parmi celles-ci, la création d’œuvres en réalité immersive (XR) et l’accompagnement de
réalisateurs dans l’esprit du traité joue un rôle important. Ainsi, les deux premières éditions de la
Résidence XR Farnese (2022-2023 et 2023-2024) vont permettre, en collaboration avec la RAI, la Villa
Medici et le Festival New Images, à un artiste français de XR de faire une résidence à Rome pour terminer
son œuvre au contact de partenaires italiens, et d’être programmé en Italie. Ainsi par exemple, le résident
XR Farnese 2023, Jérémy Griffaud, a été invité à « Entreprendre dans la culture » à la Mostra de Venise, puis
programmé, entre autre, au Mercato Audiovisivo de Rome, avant de l’être au Short Film Lab du Festival de
Turin.
Dans le domaine de la traduction, la Bourse Farnèse accompagne un traducteur italien par le financement
d’un séjour de formation à Paris, lui permettant de découvrir le monde de l’édition française et
francophone, en collaboration avec la Cité internationale des arts de Paris. La bourse de résidence de
traduction du français vers l’italien permet aux jeunes traducteurs d’intégrer leur formation dans un
environnement culturel riche, de se familiariser avec le monde de l’édition française, de compléter leur
formation professionnelle et de réaliser un travail de documentation pour un nouveau projet de traduction.
Cette année, le traducteur Lamberto Santuccio a remporté la résidence de traduction de deux mois à la Cité
internationale des arts à Paris. L’appel à candidatures s’adressait aux jeunes traducteurs (moins de 35 ans)
du français vers l’italien résidant en Italie et ayant traduit au moins un livre.
La mise à l’honneur de l’Italie au Festival du Livre de Paris 2023 a suscité la création à Rome par
l’Ambassade/IF Italie de « Farnèse à la Page », un lieu d’échange et de dialogue entre professionnels du
secteur, pour nourrir sur la longue durée cette collaboration placée au cœur du traité du Quirinal. La
première partie de l’édition 2023, qui s’est déroulée le 15 mars au Palais Farnèse, traitait des enjeux et des
mutations du livre en France, en Italie et en Europe. La seconde partie de Farnèse à la Page s’est tenue le 4
octobre 2023 avec la rencontre entre deux spécialistes de la bande dessinée, le franco-italien Zerocalcare
(Michele Rech) et la française Catherine Meurisse. Ce type de rencontres, qui a réuni cette fois-ci 200
lycéens et lycéennes qui apprennent le français dans des établissements italiens étaient présents. Il sera
renouvelée en 2024.
L’été 2023 a été également celui de la deuxième édition du Festival de
cinéma Dolcevita-Sur-Seine à Paris, et de son pendant romain, Nouvelle
Vague sul Tevere, portés par l’association Palatine en partenariat avec les
ambassades d’Italie en France et de France en Italie. Des centaines de
Parisiens et de Romains ont pu découvrir ou revoir créations originales et
classiques du cinéma de ce festival qui s’est inspiré de l’esprit du Traité du
Quirinal. Pour la deuxième année consécutive, le festival est couplé à un prix
cinématographique, «Eu.Ro.Pa » l’année dernière et « Palatines » cette
année, décerné par un jury de 1000 lycéens de classes ESABAC en France et
en Italie, dans 15 villes et 24 écoles. Ce festival contribue concrètement à
alimenter un vrai esprit franco-italien au sein de la jeunesse des deux pays
qui apprend la langue italienne et française.
Le prix cinématographique «Eu.Ro.Pa »
Coopération transfrontalière
Dans ce domaine, le Traité prévoit notamment que « les Parties dotent les collectivités frontalières et les
organismes de coopération frontalière, de compétences appropriées pour dynamiser les échanges et la
coopération. Elles soutiennent les projets qui favorisent l’intégration de cet espace et la réalisation de son
potentiel humain, économique et environnemental conformément aux objectifs de développement durable
et à ceux de la politique européenne de cohésion ».
C’est en vertu de cet objectif que s’est tenu à Turin, le 31
octobre, le premier comité frontalier franco-italien. Sous la coprésidence du Vice-Premier ministre et ministre des Affaires
étrangères Antonio Tajani et de son homologue Catherine
Colonna, il a réuni plus de cinquante représentants des
collectivités frontalières, des parlementaires engagés dans la
coopération et des organismes de coopération frontalière, aux
côtés des représentants de l’Etat.
Première réunion du comité frontalier franco-italien, Turin, le 31
octobre
Il a permis d’adopter un programme de travail pluriannuel intégrant
les enjeux soulevés par les acteurs locaux, notamment en matière
de mobilités (notamment liaisons transalpines routières et
ferroviaires), d’échanges humains, de coopération entre
protections civiles, de développement économique, de protection
de l’environnement et d’organisation des services publics. La
prochaine réunion du comité se tiendra en France en 2024.
Le Vice-Président du Conseil des ministres et Ministre
des affaires étrangères et de la coopération
internationale Antonio Tajani et la Ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères Catherine Colonna, Turin, le 31
octobre
Trending
- Stati generali dell’educazione e della prevenzione – Lunedì alle 15 diretta webtv – Saluto di Mulè
- Dal 5 al 7 novembre, Piacenza sarà “Terra di passo 2.0
- Pratobello 26. La maggioranza del Consiglio metropolitano: «La tutela del territorio è una responsabilità condivisa, da esercitare nel rispetto delle competenze istituzionali»
- SUI PASSI DI SAN FRANCESCO TRA NATURA, STORIA E SPIRITUALITÀ, IN TANTI ALL’ESCURSIONE DALL’EREMO DI RENACAVATA AL CONVENTO DI COLPERSITO
- Cs cerimonie 4 novembre Giornata dell’Unità Nazionale e delle Forze Armate
- VANNACCI: HO INFERMITA’ RICONOSCIUTA COME CAUSA DI SERVIZIO, CINQUE ERNIE DISCALI CHE DA TEMPO MI PROCURANO MAL DI SCHIENA E BRUTTA LOMBALGIA
- L’eredità di San Francesco oggi | Incontro e visita speciale alla mostra – 5 novembre ore 18:00
- Milano, delegazione Lega al Pe: “Manifestare è un diritto, invocare pugni in faccia a un’avversaria politica no”
- Regione, ripartono le firme dei contratti. Garigliano: «Risultato importante, grazie al lavoro di squadra del governo e degli uffici regionali»
- UE-CANADA: BERGAMINI (FI), “RAFFORZARE INTESA PER UN OCCIDENTE PIÙ SOLIDO”