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L’ORIENTATION éCONOMIQUE DES ZONES D’EMPLOI : ENTRE SPéCIALISATION ET DIVERSIFICATION DES éCONOMIES LOCALES

(AGENPARL) – FRANCE, gio 10 settembre 2020

Tertiarisation et diversification des économies locales

Les 306 zones d’emploi nouvellement définies par la Dares et l’Insee (encadré) permettent d’analyser la structure du tissu productif au niveau territorial. Ces
zones correspondent aux espaces à l’intérieur desquels travaillent la plupart des
actifs qui y résident.

Depuis plusieurs décennies, le poids des secteurs d’activité s’est fortement modifié.
La croissance très forte du poids des emplois du tertiaire s’est faite au détriment
des autres secteurs : l’industrie et l’agriculture principalement, et dans une moindre
mesure la construction. Le rétrécissement de la sphère industrielle est en partie
compensé par des activités de services aux entreprises, avec l’externalisation de
fonctions assurées précédemment au sein des entreprises industrielles (comme le transport,
la recherche et le développement, la restauration des salariés, le nettoyage…) et
le recours au travail intérimaire.

Cette forte recomposition des emplois s’observe dans toutes les zones d’emploi : aucune
zone n’a l’industrie comme premier secteur économique en 2020, alors qu’elles étaient
une dizaine dans ce cas en 1990. Plus généralement, l’emploi se répartit dans un plus
grand nombre de secteurs, les économies locales ont donc tendance à se diversifier.

17 grandes agglomérations à forte concentration de fonctions métropolitaines

Les plus grandes zones d’emploi (figure 1 ; sources) ont en commun une part importante d’emplois de cadres dans les fonctions dites métropolitaines (fonctions de conception et de recherche, de commerce inter-entreprises, de gestion,
de culture-loisirs et de prestations intellectuelles) qui concernent en moyenne 18 %
des emplois totaux. Ce taux varie de 4 à 8 % pour les autres profils de zones d’emploi.

Ces 17 zones d’emploi concentrent un tiers des emplois et de la population (figure 2). On y retrouve les grandes agglomérations comme Paris, Marseille, Lille, Lyon, Toulouse,
ou encore Nantes, Rennes et Grenoble. Ce sont également des pôles d’emplois : elles
concentrent davantage d’emplois que d’actifs en emploi et attirent donc des actifs
des zones d’emploi environnantes.

Figure 1 – Sept groupes de zones d’emploi selon leur orientation économique principale

Figure 1 – Sept groupes de zones d’emploi selon leur orientation économique principale
Les données détaillées sont disponibles dans le fichier à télécharger

Figure 1 – Sept groupes de zones d’emploi selon leur orientation économique principale

  • Source : Insee, recensements de la population 2016 et 2017, Clap 2015, enquête sur
    la fréquentation des hébergements touristiques 2019.

Figure 2 – Emploi et population selon l’orientation économique des zones d’emploi
en 2017

Figure 2 – Emploi et population selon l’orientation économique des zones d’emploi
en 2017
Nombre de zones d’emploi Nombre d’emplois
(en millions)
Population
(en millions)
Grandes agglomérations à forte concentration de fonctions métropolitaines 17 9,5 20,0
Autres grandes agglomérations et dotées de gros employeurs 52 6,8 17,5
Zones résidentielles 49 2,4 7,8
Zones spécialisées dans l’industrie 37 1,2 3,2
Zones spécialisées dans l’agriculture 38 1,0 2,9
Zones spécialisées dans le tourisme 45 1,9 5,4
Zones à économie diversifiée 68 3,4 9,6
Ensemble 306 26,2 66,4
  • Champ : France.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

52 autres grandes agglomérations dotées de gros employeurs

52 zones regroupent d’autres grandes agglomérations françaises comme Dijon, Amiens,
Nice, Angers, Roubaix-Tourcoing, ainsi que des zones d’emploi d’outre-mer comme en
Martinique, à La Réunion ou à Mayotte. Elles possèdent des caractéristiques similaires
aux grandes agglomérations à forte concentration de fonctions métropolitaines, mais
de manière moins accentuée. Par exemple, la part des emplois de cadres de fonctions
métropolitaines représente 8 % des emplois, certes très inférieure à celles des zones
d’emploi du profil précédent, mais supérieure de 2 à 3 points par rapport aux autres
profils. Ces zones se caractérisent par une présence importante d’établissements de
plus de 250 employés privés (comme Valéo à Angers ou Auchan à Roubaix) ou publics
(collectivités locales et hôpitaux). Dans l’est de la France, ces zones sont plus
industrielles, avec par exemple des établissements spécialisés dans l’automobile.

Des zones résidentielles

Les zones d’emploi résidentielles présentent une faible quantité d’emplois : on y
retrouve fréquemment plus d’actifs occupés que d’emplois disponibles sur le territoire
(0,8 emploi par actif occupé, figure 3). En moyenne, seulement 57 % des actifs qui résident dans ces zones y travaillent,
soit le taux le plus faible des sept types de zones d’emploi. Ce taux est particulièrement
bas autour de la métropole parisienne, notamment dans la zone de Rambouillet (40 %).
Dans les zones résidentielles des autres régions, il est toujours supérieur à 60 %.
La majorité de ces 49 zones se situent autour de Paris (Melun, Creil…) et Lyon (Villefranche-sur-Saône,
Bourgoin-Jallieu…), mais également sur les territoires frontaliers où beaucoup de
résidents travaillent à l’étranger (Sarreguemines ou le Genevois Français).

Figure 3 – Répartition des secteurs d’activité selon l’orientation économique des
zones d’emploi en 2017

Figure 3 – Répartition des secteurs d’activité selon l’orientation économique des
zones d’emploi en 2017
Part dans l’emploi total (en %) Nombre d’emplois par actif Nombre de nuitées touristiques par habitant
Économie présentielle Économie productive Agriculture Administration publique Établissements de moins de 10 salariés
Ensemble dont industrie
Grandes agglomérations à forte concentration de fonctions métropolitaines 34,8 35,5 8,8 0,5 29,1 11,0 1,05 3,6
Autres grandes agglomérations et dotées de gros employeurs 33,4 29,8 12,4 2,1 34,7 16,4 1,00 5,3
Zones résidentielles 31,9 32,3 17,2 2,8 33,0 18,3 0,80 2,6
Zones spécialisées dans l’industrie 26,8 40,1 25,6 6,1 27,1 16,7 0,94 4,5
Zones spécialisées dans l’agriculture 29,8 25,6 13,8 11,9 32,7 21,5 0,95 6,7
Zones spécialisées dans le tourisme 40,0 22,8 9,4 3,9 33,3 21,8 0,96 25,6
Zones à économie diversifiée 31,1 26,8 13,8 5,0 37,1 18,3 0,97 3,4
Ensemble 33,5 31,5 12,2 2,7 32,3 15,4 1,00 5,9
  • Champ : France.
  • Source : Insee, recensements de la population 2016 et 2017, Clap 2015, enquêtes Fréquentation
    touristique 2019.

Des zones d’emploi à économie diversifiée

De nombreuses zones (68, soit une sur cinq) ont une économie diversifiée. Contrairement
à d’autres, elles n’ont pas de spécialité économique forte dans l’industrie, l’agriculture
ou encore le tourisme. Dans certaines de ces zones, la part de l’emploi dans l’industrie
a fortement baissé. À Saint-Omer par exemple, entre 2006 et 2016, la part de l’industrie
dans l’emploi total est passée de 28 % à 16 %. Les zones de la région Grand Est comportent
toutefois une plus forte part d’emploi industriel, reflétant l’ancrage historique
de la région dans ce secteur. C’est le cas de Chaumont ou de Sarrebourg qui comptent
près de 19 % d’emplois industriels, soit 5 points de plus que la moyenne des zones
de ce groupe. Une part importante de ces zones est ainsi située dans les espaces ruraux
de faible densité, formant une diagonale allant du sud-ouest au nord-est. Ceci explique
le fait que l’emploi agricole, sans être une spécialité, est plus élevé dans ces zones
d’emploi, même si sa part baisse depuis plusieurs années dans la majorité de ces zones.

Des zones d’emploi spécialisées dans l’industrie

Dans ces 37 zones d’emploi, le taux d’emploi dans le secteur industriel est élevé.
Il est en moyenne de 26 %, soit environ deux fois plus que dans les zones d’emploi
à économie diversifiée. Dans la zone d’emploi d’Oyonnax, ce taux d’emploi industriel
atteint même 38 %. La plupart de ces zones se trouvent en Bretagne, spécialisée principalement
dans l’agro-alimentaire (Vitré, Lamballe-Armor) et dans les Pays de la Loire (les
Herbiers-Montaigu, la Ferté-Bernard).

Des zones d’emploi spécialisées dans l’agriculture

Ces 38 zones se caractérisent par une part de l’emploi dans l’agriculture très élevée,
puisque 12 % des actifs occupés travaillent dans ce secteur. Ce même taux est inférieur
à 6 % dans les autres profils. À titre d’exemple, dans la zone d’emploi d’Épernay,
le secteur agricole, très orienté vers la production de champagne, représente 18 %
des emplois. Caractéristique inhérente à l’activité agricole, ces zones sont moins
denses, avec en moyenne 38 habitants par km², contre 117 pour l’ensemble de la France.
La plupart de ces zones d’emploi se concentrent dans un quart sud-ouest, avec par
exemple Cognac et Libourne, et également à l’ouest avec Vire Normandie ou Carhaix-Plouguer.
En Outre-mer, elles se situent surtout en Guadeloupe, avec par exemple l’Île de Marie-Galante,
et en Martinique. Seules deux zones d’emplois agricoles sont présentes dans le nord-est :
Provins et Épernay.

Les zones à forte orientation touristique

Ces 45 zones d’emploi sont souvent localisées sur le littoral français, en montagne,
ainsi qu’en Martinique. La Corse est très spécialisée dans cette activité puisque
6 des 7 zones d’emploi de l’île ont ce profil. Ces zones d’emploi ont des capacités
d’accueil de visiteurs nettement supérieures aux autres : pour 100 habitants, elles
offrent en moyenne 7,2 emplacements de campings et 2,2 chambres d’hôtel (contre 1,3 emplacement
et 1,0 chambre en moyenne en France). Les résidences secondaires sont également plus
fréquentes : elles représentent 22 % des logements contre 5 % au niveau national.
Une distinction peut cependant être faite au sein de ces 45 zones d’emploi : une dizaine
d’entre elles sont presque exclusivement tournées vers le tourisme comme Porto-Vecchio,
Sainte-Maxime, Royan, ou Agde-Pézenas. Les autres sont plus diversifiées, comme Berck,
Challans ou même Dinan, où le taux d’emploi industriel est plus important. Marne-la-Vallée
fait figure d’exception : très touristique avec la présence du parc Disneyland, la
part d’emploi dans les fonctions métropolitaines y est également importante, comme
dans les autres zones d’emploi d’Île-de-France.

Encadré – Méthode de constitution des zones d’emploi de 2020

Une zone d’emploi est un ensemble de communes dans lequel la plupart des actifs résident
et travaillent. Ce zonage d’études est régulièrement mis à jour pour tenir compte
de l’évolution des économies locales. En 2020, l’Insee et la direction de l’animation
de la recherche, des études et des statistiques (Dares), service statistique du ministère
en charge du travail et de l’emploi, ont révisé ce zonage en s’appuyant sur une méthodologie
développée par Eurostat, permettant ainsi de se comparer plus facilement entre pays
européens. Un autre objectif était d’avoir une méthode la plus homogène possible sur
le territoire. Contrairement aux zones précédentes construites région par région,
les nouvelles zones sont issues de paramètres nationaux. Seules quelques régions font
exception : les DOM et la Corse, en raison de leur particularité géographique, les
déplacements domicile-travail étant de fait limités. L’Île-de-France a également fait
l’objet d’un traitement différent pour tenir compte de la très forte polarisation
des flux vers Paris : la part des actifs qui résident et travaillent dans la même
zone est inférieure à celles du reste du territoire.

La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l’analyse des déplacements domicile-travail
entre les différentes zones : à chaque étape, des communes (ou groupes de communes
agrégées précédemment) sont agrégées en fonction de l’intensité des échanges domicile-travail.
Ainsi, toutes les zones constituées polarisent l’emploi, mais à des degrés différents.
Certaines ont un nombre d’emplois plus important que le nombre d’actifs qui y résident,
elles ont alors une fonction de pôle attractif très important. Au contraire, d’autres
ont moins d’emplois qu’elles n’hébergent d’actifs et présentent un caractère plus
résidentiel (figure 1).

Avec cette nouvelle méthode, le nombre d’actifs est plus équilibré entre les zones
que dans la précédente nomenclature de 2010. C’est particulièrement vrai autour des
grandes métropoles qui, précédemment, avaient tendance à agréger de nombreuses communes.
La nouvelle méthode permet de limiter la taille des plus grandes zones d’emploi, laissant
ainsi émerger d’autres zones autour de ces grands pôles. Cet aspect de la méthode
est très important, car il aboutit à un ensemble plus homogène que celui obtenu en
2010 : on retrouve moins de zones d’emploi de faible taille et plus de zones d’emploi
de taille intermédiaire, comportant entre 30 000 et 100 000 emplois (figure 2).

Le nombre total de zones d’emploi diminue légèrement : le zonage de 2020 comporte
306 zones d’emploi (dont une pour Mayotte), contre 321 pour le zonage de 2010. En
revanche, le nombre de zones trans-régionales passe de 10 en 2010 à 14 en 2020, malgré
la réduction du nombre de régions, témoignant de l’intensification des échanges. Les
taux d’actifs stables avec cette nouvelle méthode ont une distribution plus concentrée que celle obtenue
avec la méthode précédente (figure 3) : moins de taux faibles, inférieurs à 60 %, et davantage de taux élevés, supérieurs
à 85 %.

Figure 1 – Nombre d’emploi par actif occupé résidant dans la zone en 2017

Figure 1 – Nombre d’emploi par actif occupé résidant dans la zone en 2017
Les données détaillées sont disponibles dans le fichier à télécharger

Figure 1 – Nombre d’emploi par actif occupé résidant dans la zone en 2017

  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Figure 2 – Répartition des zones d’emploi de 2010 et de 2020 selon le nombre d’emplois
dans la zone

Figure 2 – Répartition des zones d’emploi de 2010 et de 2020 selon le nombre d’emplois
dans la zone – Lecture : les zones d’emploi de moins de 15 000 emplois représentent 4 % des zones
d’emploi de 2020 et 12 % des zones d’emploi de 2010.
Zones d’emploi 2010 Zones d’emploi 2020 Zones d’emploi 2010 Zones d’emploi 2020
en nombre de zones en %
Moins de 15 000 emplois 39 12 12 4
15 000 à 29 999 emplois 91 61 28 20
30 000 à 49 999 emplois 66 86 21 28
50 000 à 100 000 emplois 58 84 18 27
Plus de 100 000 emplois 67 63 21 21
Ensemble 321 306 100 100
  • Lecture : les zones d’emploi de moins de 15 000 emplois représentent 4 % des zones
    d’emploi de 2020 et 12 % des zones d’emploi de 2010.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Figure 2 – Répartition des zones d’emploi de 2010 et de 2020 selon le nombre d’emplois
dans la zone

  • Lecture : les zones d’emploi de moins de 15 000 emplois représentent 4 % des zones
    d’emploi de 2020 et 12 % des zones d’emploi de 2010.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Figure 3 – Répartition des zones d’emploi de 2010 et de 2020 selon le taux d’actifs
stables

en %

Figure 3 – Répartition des zones d’emploi de 2010 et de 2020 selon le taux d’actifs
stables (en %) – Lecture : les zones d’emploi ayant moins de 60 % d’actifs stables représentent 12 %
des zones d’emploi de 2020.
Taux d’actifs stables Zones d’emploi 2010 Zones d’emploi 2020
Moins de 60 % 16 12
De 60 % à moins de 80 % 40 43
De 80 % à 85 % 26 24
Plus de 85 % 18 21
  • Lecture : les zones d’emploi ayant moins de 60 % d’actifs stables représentent 12 %
    des zones d’emploi de 2020.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Figure 3 – Répartition des zones d’emploi de 2010 et de 2020 selon le taux d’actifs
stables

  • Lecture : les zones d’emploi ayant moins de 60 % d’actifs stables représentent 12 %
    des zones d’emploi de 2020.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Fonte/Source: https://www.insee.fr/fr/statistiques/4653582

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